Apocalypse Beach, roman

par Tanguy Lambert | Sommaire

Crakers Camp. 2020

Première scène ubuesque en arrivant, quatre femmes crackers bien abimées fument la pipe à crack assises sur le trottoir, un peu avant l’entrée du Paris Event, sous le regard ahuri de chefs de projet convoqués au salon du Crédit !! Car oui, le salon du Crédit, ça existe, c’est bon de la savoir, j’ai failli mourir idiot.

Aucune force de police autour du square, à l’entrée un dealer gros con que je ne peux supporter surveille les arrivées, et surtout la mienne, quand je le croise j’ai toujours envie de lui en mettre une, un genre parisien middle-east gras du bide, très fier de lui, muni d’une barbe de prof de techno du bas Limousin et de pulls tricotés trop moches de Noël. Donc, c’est officiel les parasites à la ramasse que l’on ne daignerait même pas traiter de voyou, gèrent déjà le camp.

Une seule voiture de police est sur zone, elle contrôle l’entrée vers la Cité des sciences au niveau du métro, là ou d’habitude se regroupent les mineurs non accompagnés avant de lancer les razzias dans le parc. Un quartier cool quoi !

Le square n’a plus rien à voir, il y a deux fois plus de monde que Lundi, peut être 250 personnes. Ils ont posés des tentes de récup, dont des grandes, des tentures colorées africaines font déco, en se serrant un peu tout le monde peut dormir au sec. C’est un caravanserail coloré festif, ils ont réussit en deux jours à tranformer leur misère en joyeux village, c’est dingue. C’est nettoyé tous les matins par des employés municipaux en combinaison blanche, si t’es trop bourré tu sais plus si c’est des zombies ou pas…

Sur la gauche on a même l’ébauche d’un flea market, avec stand de fringues, et plusieurs petits bars improvisés sur une planche, tenus par des jeunes sénégalais souriants, on s’arrêterait presque y boire un café spécial. Trois barmans par bar, tous sagement alignés derière leur planche en équilibre, mdr !

A ma droite c’est ambiance cour de recrée aux premiers rayons de soleil, ça fume du hash ou du crack, ça joue un peu au foot et aux cartes, et y’a des encore jolies filles (pour combien de temps) qui rigolent… des feux de bois un peu partout.

Il faut s’attendre au pire, zavéka leur donner du crack, ça réglera le problème, pas le leur, on donne bien de la méthadone aux junkies, c’est pareil