Princesse Leia à Stalingrad
…on va au même endroit, vers ton enfer et ta horde… la horde sauvage aux rites toxiques, plantée désespérément sur un territoire étroit déjà surnommé le Bouillon des Poisons sous Louis XIV, ça commençait bien, c’était déjà du lourd, tu t’imagines en marquise de Brinvillier baronne de Stalingrad, sorcière urbaine, diva du rock ?… à peine tourné le coin du jardin d’Eole, tu te vautres par terre avec deux copines aux beautés déjà bien trop abimées, c’est crade, ça sent la pisse et les ordures, mais tant pis ça vous fait rire, la nuit va arriver bientôt et les embrouilles aussi, tu fais le loup-garou de la Villette roulant dans la fange des mèches trop blondes…
…en trente seconde tout est ok, t’es une pro, tu tiens à le montrer aux copines, c’est full galette in the pocket, tu dresses vers le ciel la pipe en feu pour vérifier la combustion comme les curées lèvent les calices… la flamme rouge vif fait des étincelles, c’est bon, on peut envoyer les cailloux, vazy petite c’est l’heure des offrandes au diable, tu peux tout lâcher… le feu de Kali la destructrice va manger ton âme, la parèdre noire de Shiva est au boulot… dans deux secondes le flash va cramer tes neurones et te sortir du réel, t’es pas toujours certain d’y revenir, des fois ça coince, dans deux heures la horde va perdre le contrôle, les zombies sortiront des tanières, vitrifiés par le désespoir des manques… tu vas où princesse Leia ?
… non mais franchement, c’est quoi ce bordel !
… un jour je quittais Bénarès par le train au ralenti extrême le temps de quitter la gare, et j’aperçois une intouchable grande et athlétique, en haillons total, glanant des morceaux de charbons tombés des locomotives avec ses deux tout petits encore plus en haillon qu’elle. Ils faut dire que les intouchables n’ont droit à rien, et surtout pas utiliser les puits des villages, donc la survie c’est compliqué. Elle rayonnait de bonheur et les gosses s’amusaient, fière et belle avec sa peau trop noire, elle était magnifique, vraiment. Une des plus belle femme que j’ai croisée dans ma vie est une intouchable en haillon…
…depuis j’ai l’habitude de dire: la vie est belle, même avec les deux pieds dans la merde dans une ruelle de Bénarès !