Apocalypse Beach, roman

par Tanguy Lambert | Sommaire

La bagarre

Des fois j’ai pas l’air commode du tout hein ! La bagarre ne me fait pas peur, j’ai appris à l’école communale et je suis bon élève, je peux ne pas être là pour rire, je planque alors le peace en love vite fait et c’est ambiance bad boy

Si on me dérange en terrasse à Belleville, je m’amuse à faire du Lino Ventura, l’œil noir et au ralenti – Je bois mon café – le mec te prends pour un costaud et dégage vite fait de peur d’y laisser une rotule… Faut pas m’embêter trop longtemps, j’ai tendance à flinguer du regard sans prévenir… et parfois j’éparpille… mais sans taper, jamais, pas besoin. Quand le mec de la cité m’a pris pour un cave, j’ai mis le costard de caïd pour lui faire la leçon, il regardait ses pieds…

Je n’ai jamais perdu un combat, un seul match nul contre un mac de Clichy un soir d’été parce qu’un connard de copain trop bourré l’avait attrapé par le col. Vraiment une idée à la con, y’a des mec on se demande s’ils ont un vrai cerveau ou si le FBI leurs a greffé une cervelle de poulpe pendant les vacances scolaires (private joke). Se battre de nuit avec un mac Place de Clichy, franchement, j’ai connu mieux comme after…

C’est déjà le massacre, je m’interpose, et boom, un high kick d’entrée m’explose le nez, j’avoue que j’ai rien vu venir, un exocet argentin sous les radars, mais à la retombé, pan ! je lui met quand même une belle droite… na ! on se course autour d’une voiture en stationnement, un coup à droite, un coup à gauche, je vais beaucoup plus vite que lui, il ne peux pas me toucher, j’ai le temps de le calmer, de lui dire que je protège juste mon copain, on s’arrête, il lève la main – ok sory – et il disparait…

…match nul d’un commun accord, le combat de rue est parfois un sport de gentleman, même Boulevard des Batignolles, entre deux travellos brésiliens, un julot black, et un pocheron rouquin… Le connard rapplique – P’tain te barre pas quand ça tape, merde ! – J’ai le visage en sang, le nez pas vraiment cassé, ça va, même pas mal…

Le tai-chi chuan c’est ne jamais avoir besoin de se battre, d’interrompre les bagarres sans violence, c’est un art, et ça marche très bien, un seul match nul