Glaneur de joint
… donc tout le 19ème fait du sport et la fête, ça danse ensemble, ça chante ensemble, ça cours, ça picole et ça s’embrasse, ça déconfine en masse, j’ai commencé tranquille par une noisette dans l’herbe en haut des Buttes et je tombe sur… Angélique… comment dire, en pleine forme coachant trois runners hilares et beaux garçons. Y’a pire ! Descente vers Laumière en accélérant, je peux frimer un peu et lâcher la foulée.
Le bassin de la Villette est cool, des gens sympa partout comme aux plus beaux jours, et les terrasses sont en mode XXL sans masque… puis je tombe sur Marie, trop bavarde jusqu’au Paname de Fred, et coucou Stéphie assise au bord de l’eau avec ses amis, l’impression d’être au village, en fait j’ai des amis partout dans le 19ème, tous les 200 mètres, trop d’la chance, je pousse au parc de la Villette, la lumière est magnifike, dorée, chaude avec juste ce qu’il faut d’une petite brise, une thermique, ce léger souffle de vent qui te fait rentrer au port… running quai de Seine, avant le Corso une superbe fanfare en cercle joue et chante des trucs dansants, un espèce de son arabo-sud-americain…
…dans le 19ème, aux beaux jours, tu tombes tout le temps sur des gens qui font de la musique dehors, c’est pas pour rien quand même qu’on a la Philharmonie et la Cité de la Musique, vous avez vu ça à Neuilly ! Non.
… plus loin c’est comme d’hab en moins zone, les zombies habituels désertent peu à peu Eole ou ils sont censés être parqués et reviennent à Stalingrad, des têtes familières, on les aime un peu finalement à force de les croiser, la mamie toxico en chemisette rose, un trentenaire habitué fait la poule sur le gazon du jardin, ça c’est terrible de les voir cherchant pendant des heures des miettes de cristaux de crack, le pire c’est qu’ils finissent parfois par en trouver assez pour une pipe, ça se défonce tellement à Stalingrad que le matin tu en trouves par terre, les glaneurs le savent, ils passent à 7 heures du matin, et dans les deals de H des cités c’est pareil, les glaneurs viennent ramasser les mégots de joints aux aurores avant d’aller trier les poubelles de Lidl, les nouveaux intouchables vivent des miettes laissées par les pauvres.
Belleville est plus groove que San Diego.